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Qu'est-ce que l'amiante ?
Amiante est un terme
générique qui recouvre une variété de silicates formés naturellement
au cours du métamorphisme des roches. Une opération mécanique
appropriée transforme ces silicates en fibres minérales utilisables
industriellement.
On distingue deux familles minéralogiques :
- le chrysotile (famille des serpentines) ou amiante blanc, qui
représente la majeure partie de l'amiante industriel,
- les amphiboles qui comprennent 5 espèces: anthophyllite, amosite,
crocidolite (amiante bleu), actinolite et trémolite.
Certaines propriétés
physiques et chimiques ont fait l'intérêt des fibres d'amiante :
- résistance au feu,
- capacités d'isolation,
- résistance aux agressions chimiques,
- résistance mécanique élevée à la traction.
Quels
sont les secteurs d'activités qui utilisent l'amiante ?
Le secteur de
la construction, pour la construction des
bâtiments :
amiante, ciment, dalles de
revêtement de sol, produits isolants ou ignifuges pour le
calorifugeage des chaudières, tuyaux, et autres installations
thermiques, cloisons, portes et clapets coupe-feu, produits isolants
divers, etc.
L'amiante est aussi
utilisée
pour le flocage destiné à accroître
la résistance au feu des structures ou améliorer l'isolation
phonique ou acoustique. Le flocage est la réalisation d'un revêtement
mou, duveteux, par projection et collage d'un enchevêtrement de fibres
agglomérées par un fiant (ciment, plâtre ... ).
De très nombreux secteurs
d'activité ont recours à l'amiante (cartons et papiers, textiles,
joints, garnitures de frein et embrayage, objets moulés et
calorifugés, etc.).
Comment
peut-on mesurer la quantité de fibres d'amiante présentes dans l'air?
La concentration de fibres
d'amiante dans l'air est généralement comptée en fibres par litre
d'air (FA). En multipliant par 1000, on retrouve un nombre de fibres
par litre. Dans les comptages, ne sont retenues que les fibres dont
les longueurs sont supérieures à 5 microns, les diamètres inférieurs à
3 microns et dont le diamètre est au moins trois fois plus fin que la
longueur.
Si les techniques de prélèvement d'air et de comptage des fibres sont
relativement au point, l'interprétation des résultats est beaucoup
plus délicate en raison des conditions : présence et activité de
personnes, fonctionnement de machines, vibrations, courant d'air,
humidité ... ). Il faut donc toujours préciser les conditions dans
lesquelles les prélèvements d'air sont effectués.
Pour réaliser ces mesures, diverses méthodes d'analyse sont
disponibles mais elles ont pour point commune une pompe qui aspire
l'air à analyser pendant un certain temps variant d'une heure à plus
de 36 heures selon la méthode retenue, la législation et le problème à
étudier .
L'emplacement de l'embout de pompage doit aussi être déterminé avec
soin et bon sens. En ce qui concerne les mesures qui sont imposées par
des obligations légales, seuls des organismes homologués, dont la
liste est publiée au journal Officiel, sont habilités à effectuer les
prélèvements et/ou les analyses. Ce n'est pas le cas pour des mesures
complémentaires qu'un maître d'ouvrage peut décider pour améliorer la
surveillance de ses locaux.
On peut répartir les méthodes en deux grandes catégories :
- Celles qui permettent de définir le nombre et la nature des fibres
(amiante ou pas, et si oui quelle variété d'amiante). Ce sont les
mesures utilisant la microscopie électronique à transmission
analytique (META) dont la précision est très bonne.
- Celles qui ne fournissent que le nombre de fibres sans en déterminer
la nature (amiante, céramiques, fibres de verre, cellulose ... ). Ce
sont les mesures utilisant la microscopie optique en contraste de
phase (MOCP) ou des compteurs de fibres instantanés (FAM : Fibrous
Aerosol Monitor).
Les résultats sont toujours rendus avec des marges d'erreur.
Toutes les mesures en
microscopie consistent à observer les fibres qui ont été piégées sur
des filtres spéciaux disposés dans l'embout des pompes. Les décrets du
7 février 1996 renvoient à l'utilisation de la technique META avec 36
heures de prélèvement pour la protection de la population (décret
Santé) et MOCP avec 8 heures de prélèvement pour celle des
travailleurs de l'amiante (décret Travail).
Avec un niveau de qualité équivalent à la microscopie optique, il est
aussi possible d'utiliser un appareil de mesure portable et quasi
instantané, qui utilise un laser pour effectuer le comptage des
fibres. Il permet en temps réel d'avoir une idée du niveau de
pollution en fibres, y compris en fibres d'amiante.
Leur inconvénient majeur est que, comme pour les méthodes de type
microscopie optique, l'appareil compte les fibres quelle qu'en soit la
nature. Les appareils de ce type sont munis de dispositifs qui
permettent de ne prendre en compte que les fibres dont les tailles
sont entre certaines limites, par exemple plus de 3 microns de
longueur et d'un diamètre au moins trois fois inférieur à leur
longueur. Ils ne comptent pas les autres poussières.
La reconnaissance se faisant sur la forme, il ne peut être question
comme avec les mesures en microscopie optique, de détecter la nature
de la fibre (amiante ou non).
Il est aussi intéressant dans certains cas de procéder à des frottis
sur certaines surfaces ou à des prélèvements de matériaux douteux pour
déterminer s'il y a de l'amiante et quelles variétés sont présentes.
Pour ces recherches dans les matériaux et non pas dans l'air, il est
alors fait appel à de la microscopie optique en lumière polarisée (MOP)
ou à de la microscopie électronique à transmission analytique (META).
Quels
sont les effets sur la santé de l'exposition a l'amiante ?
L'exposition à
l'amiante est associée à plusieurs maladies humaines :
- des atteintes pleurales non cancéreuses telles que plaques pleurales
(calcifiées ou non), épaississements pleuraux diffus, pleurésies
bénignes,
- une fibrose pulmonaire : l'asbestose,
- des cancers broncho-pulmonaires primitifs,
- un cancer primitif de la plèvre ou mésothéliome pleural,
- d'autres mésothéliomes (du péritoine, du péricarde),
- d'autres cancers (larynx, cancers digestifs et uro-génitaux).
Doit-on
faire contrôler son appartement ou sa maison pour détecter la présence
d'amiante ?
Tous
les immeubles collectifs, qu'ils appartiennent à des personnes privées
ou publiques, sont soumis aux règles relatives à la protection de la
population contre les risques sanitaires liés à une exposition à
l'amiante. Seules les maisons individuelles ne comportant qu'un seul
logement sont dispensées de ces mesures.
Le
propriétaire doit faire rechercher la présence de calorifugeages, de
flocages et de faux plafonds contenant de l'amiante dans ses
immeubles.
Ces
opérations doivent être réalisées avant les dates limites rappelées
dans le tableau ci-dessous :
| Date de
construction des immeubles |
Date limite
pour établir le diagnostic |
| Avant le 1er
janvier 1950 (calorifugeages et flocages) |
31 décembre 1999 |
| Entre le 1er
janvier 1950 et le 1er janvier 1980 (calorifugeages et flocages)
|
31 décembre 1998 |
| Entre le 1er
janvier 1980 et le 28 juillet 1996 (calorifugeages)
|
31 décembre 1999 |
| Avant le 1er
juillet 1997(faux plafonds) |
31 décembre 1999 |
Dans
tous les cas, les propriétaires doivent mettre les résultats de ces
différents contrôles à la disposition des occupants de l'immeuble, des
entreprises amenées à y effectuer des travaux et des agents de la
santé publique.
En
cas de présence d'amiante, ils doivent :
- faire
vérifier l'état de la conservation des matériaux par un technicien de
la construction;
- procéder aux mesures appropriées: contrôles périodiques,
surveillance de l'empoussièrement, travaux qui doivent être réalisés
dans l'année qui suit le contrôle ;
Sachez
que les propriétaires qui ne respectent pas ces obligations s'exposent
à des amendes.
Dans
les immeubles en copropriété, cette obligation pèse sur les
copropriétaires mais en pratique, c'est au syndic qu'il incombera
d'assurer l'exécution de ces obligations. Il faudra au préalable avoir
obtenu l'accord de l'assemblée générale par un vote à la majorité des
voix de tous les copropriétaires. |