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Pourquoi mettre en place un dispositif de
détection du plomb ?
Pour des raisons de santé publique, le
plomb est susceptible de générer l'intoxication notamment des jeunes
enfants, appelée saturnisme infantile.
Le bâtiment est une source prépondérante de cette intoxication car il a
longtemps été un grand consommateur de plomb et de produits dérivés tels que
les canalisations ou les peintures à la céruse.
En particulier, le plomb contenu dans certaines peintures anciennes peut
provoquer des intoxications aiguës ou subaiguës lorsque celles-ci sont
ingérées par des enfants parce que dégradées ou libérées à l'occasion de
travaux.
Ces revêtements peuvent se dégrader avec le
temps et l'humidité (fuites, condensation du fait d'une mauvaise isolation
et de défauts de ventilation) : les écailles et les poussières dégagées sont
alors sources d'intoxication.
L'ingestion ou l'inhalation de plomb est toxique. Elle provoque des troubles
réversibles (anémie, troubles digestifs) ou irréversibles (atteinte du
système nerveux). Une fois ingéré ou inhalé, le plomb va pénétrer dans
l'organisme et se stocker notamment dans l'os d'où il peut être libéré à
retardement dans le sang.
Quels
sont les troubles chez l'adulte ?
L'intoxication par le plomb touche
également les travailleurs et les habitants lors des chantiers de
réhabilitation de logements anciens, les travaux libérant des
poussières de plomb en grande quantité.
Les troubles rencontrés : anémie, colique de plomb (nausée,
vomissements), paralysie de certains muscles de l'avant-bras et de la
main, diminution des facultés intellectuelles, hypertension
artérielle.
Quels
sont les troubles chez l'enfant ?
L'intoxication des jeunes enfants
résulte de l'ingestion ou l'inhalation de poussières ou de fragments
de peinture provenant de la dégradation des murs, des portes et des
montants de fenêtres.
Elle génère des troubles psychomoteurs : retard intellectuel,
agitation, irritabilité, troubles du sommeil, retard de croissance,
anémie, atteinte du rein.
Une imprégnation saturnine chronique passe souvent inaperçue tout en
compromettant l'avenir intellectuel de l'enfant.
En explorant leur environnement, ils portent les écailles à leur
bouche et pour eux, l'absorption digestive du plomb est beaucoup plus
importante (50 % de la quantité ingérée) que chez l'adulte (10 %).
Quelles
sont les étapes de définition des zones à risques ?
La réglementation prévoit également
la réalisation d'un état des risques d'accessibilité au plomb lors de
ventes d'immeubles d'habitation construits avant 1948 et situés dans
une zone à risques.
Plan des zones à risque :
Il appartient au Préfet de cibler les
zones à risque, en concertation avec les maires du département. Le
plan des zones à risque est fixé par arrêté préfectoral.
Son
élaboration peut être guidée par :
- les
campagnes antérieures de dépistage du saturnisme infantile
- les mesures de plomb dans les peintures d'un
échantillon
- d'immeubles
- les données du recensement de l'INSEE
Publicité
du zonage :
La publicité du zonage doit être
assurée par un affichage en mairie, une inscription dans deux journaux
locaux, une information du Conseil Supérieur du Notariat et de la
Chambre départementale des notaires. Elle doit également être assurée
par une inscription dans les POS lorsque ceux-ci existent. (article
R123-19 du Code de l'urbanisme).
Quel
est l'intérêt du diagnostic ?
Le plomb des peintures étant
indécelable par simple observation, il est nécessaire de procéder à
des analyses pour identifier les surfaces contaminées et déterminer la
concentration de plomb, afin de prévenir les risques sanitaires, ou
d'y remédier.
L'état des risques d'accessibilité au
plomb identifie toute surface comportant un revêtement avec présence
de plomb et précise la concentration de plomb, la méthode d'analyse
utilisée ainsi que l'état de conservation de chaque surface.
L'objectif de l'état des risques d'accessibilité est de déterminer
l'existence d'un danger potentiel lié à la présence de plomb dans un
revêtement en bon état ou d'un danger immédiat en raison de revêtement
contenant du plomb et présentant une surface dégradée.
Quel
est le domaine d'application du
diagnostic ?
Il concerne les peintures dans les
biens à usage d'habitation construits avant 1948. L'état des risques
vérifie sur toutes les surfaces situées à l'intérieur des locaux.
Concernant les surfaces extérieures, il porte au moins sur les balcons
et les faces extérieures des portes et fenêtres.
Pour les lots en copropriété, l'état des risques porte sur les parties
privatives mises en vente. Si l'état des risques n'a pas été réalisé
sur les parties communes, le vendeur ne pourra s'exonérer de la
garantie des vices cachés concernant ces parties communes. Sa
responsabilité pourra être recherchée, solidairement avec les autres
copropriétaires.
Si le bien immobilier concerné est affecté en partie à des usages
autres que l'habitation, l'état des risques porte sur les parties
affectées à l'habitation. Dans les locaux annexes de l'habitation,
l'état des risques porte sur ceux qui sont destinés à un usage
courant, tels que buanderie, combles habitables, cave, garage ...
Qu'est
ce que l'état des risques d'accessibilité
au plomb ?
Il a pour objet d'identifier les
supports comportant une présence de plomb et d'en évaluer l'état de
conservation. Son élaboration comprend trois étapes :
- un repérage des éléments de construction
présentant des peintures à base de plomb.
- une évaluation de l'état de conservation de
ces peintures.
- l'état des risques à annexer aux actes de
vente doit dater de moins d'un an.
Si l'état des risques révèle une
présence de revêtement contenant du plomb, une note d'information
(conforme à l'arrêté du 12 juillet 1999) doit être remise aux
occupants de l'immeuble par le propriétaire. Si l'état des risques
révèle une accessibilité, il doit être transmis au Préfet.
En cas de non respect de ces dispositions, la responsabilité pénale ou
civile du propriétaire peut être engagée.
Quand
un état des risques d'accessibilité est il positif ?
L'état des risques est
considéré comme positif quand au moins une unité de diagnostic dépasse
le seuil réglementaire fixé et que la surface du revêtement est
dégradée :
- soit la concentration surfacique en plomb total mesurée à l'aide
d'un appareil portable à fluorescence X est supérieure ou égale à 1
milligramme par centimètre carré (1 mg/cm2) ;
- soit la concentration massique en plomb total mesurée en laboratoire
sur un échantillon est supérieure ou égale à 5 milligrammes par gramme
(5 mg/g) ;
- soit la concentration massique en plomb acido-soluble mesurée en
laboratoire sur un échantillon est supérieure ou égale à 1,5
milligramme par gramme (1,5 mg/g).
Quand
faut-il procéder à une
actualisation de l'état des risques d'accessibilité ?
L'état des risques doit
avoir été établi depuis moins d'un an à la date de la promesse de
vente ou d'achat ou du contrat, car l'état des peintures peut évoluer
rapidement.
Si un précédent état des risques d'accessibilité a été établi depuis
plus d'un an, il est donc nécessaire de l'actualiser.
L'expert chargé de l'actualisation de l'état des risques
d'accessibilité, devra vérifier au préalable que l'état des risques
réalisé précédemment est conforme aux principes méthodologiques. Dans
le cas contraire, il devra le compléter ou le refaire.
Il peut être actualisé à la demande du propriétaire après la
réalisation de travaux de suppression ou de recouvrement du plomb. Au
cas où des travaux ayant fait disparaître des revêtements contenant du
plomb ont été réalisés depuis le précédent état des risques, des
analyses seront nécessaires pour attester la suppression du plomb.
Le nouvel état des risques d'accessibilité sera constitué par le
rapport de la nouvelle inspection, et exposera clairement les
modifications intervenues.
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